Lutte contre le Sida : espoirs et désillusions
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C’est l’heure du bilan pour l’association Sidaction. Après son grand week-end de campagne pour la collecte, elle comptabilisait environ 5.2 millions d’euros, soit 600 mille de moins que l’année dernière. « Effet Bergé » ou crise économique, une chose est sûre, c’est la désillusion pour tous.
DESILLUSIONS
Entre les propos de Pierre Bergé, le président du Sidaction qui rappelons-le avait accusé le Téléthon de « parasiter la générosité » des Français et l’ingérence économique de certaines associations (dont AIDS, cas particulier, mais qui a largement contribué à décevoir les Français), les donneurs s’abstiennent de plus en plus. Manque de confiance, multiplication des organismes à qui donner et crise économique sont autant d’arguments pour garder ses deniers durement gagnés.
En France, 20 nouvelles contaminations par jour
Mais avec plus de 7000 personnes contaminées chaque année en France, le virus continue de gagner du terrain. Cette année et malgré une large diffusion du message sur Internet ou à la télévision, les dons se sont faits moins nombreux. La responsable de la campagne d’appel aux dons, Christine Tabuenca explique ainsi à l’AFP « [qu]‘il y a beaucoup moins de petits donateurs ».
Pourtant la lutte contre le sida, c’est surtout « une question d’argent » pour Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS). Face aux problèmes budgétaires, il avait lancé un appel à l’Etat avant le début de la campagne de dons, estimant « [qu]‘en 2010, ça va être difficile ; en 2011 , ce sera impossible. »
50% des dons pour la recherche, le reste pour la prévention
Récompensée l’année dernière par un prix Nobel pour sa recherche contre le VIH, la France n’a pas à rougir de son travail. Ce sont les recherches pour l’élaboration d’un vaccin qui coûtent cher et représentent ainsi 50% des dons récoltés. L’autre moitié des dons se répartie en diverses missions de prévention et d’aide aux malades de France et de 33 pays en développement.
ESPOIRS
L’année dernière c’était terminée sur une note d’espoir avec les résultats de l’essai vaccinal RV 144 conduit en Thaïlande. Ce vaccin expérimental aurait réduit les risques de transmission de 32,1 %.
Actuellement les recherches se centrent autour des interactions du virus avec la cellule infectée afin de bloquer sa réplication. De nombreuses études sont aussi menées pour comprendre comment le virus détourne les défenses cellulaires et bloque les défenses immunitaires.
Une alternative à la capote ?
D’autres recherches s’élaborent autour de la prévention. Car malgré un message unique et clair « sortez couverts », les contaminations se multiplient. Une alternative est ainsi cherchée au préservatif, comme les gels microbicides qui s’appliquent au niveau des muqueuses.
Pour l’instant ce n’est qu’un début, mais les chercheurs ont remarqué qu’une protéine de banane était efficace pour empêcher l’entrée du virus dans les cellules-cibles. Ce dernier ne pourrait donc pas se reproduire et déclencher l’infection.
Cette étude, publiée dans le Journal of Biological Chemistry doit encore être confirmée par d’autres travaux scientifiques. Pour l’instant il n’y a que le préservatif qui puisse efficacement nous protéger contre le sida. On le porte lors d’un rapport vaginal, anal ou encore oral !
Pour faire un don à Sidaction, c’est encore possible jusqu’au 11 avril à ces deux adresses :
www.sidaction.org
